27 mars 2025

Vers des data centers zéro carbone : une ambition réaliste ?

Par Zara Pinel

Infrastructures invisibles, mais massives, ces centres de données sont devenus essentiels. Sur le plan énergétique, leur poids est devenu difficile à ignorer. Dans un monde qui parle de transition, de neutralité carbone, ils sont à la fois problème… et solution. 

Face à l’urgence climatique, des acteurs commencent à faire bouger les lignes. Pas avec des slogans, mais avec des plans d’action concrets. C’est le cas de Sébastien Van Moere, dirigeant engagé, qui porte une vision lucide et constructive de la décarbonation des infrastructures IT. 

 

Data centers et carbone : pourquoi l’alerte devient stratégique 

Les chiffres, sans détour : près de 3 % de l’électricité mondiale est aujourd’hui consommée par les data centers. Et selon l’Agence Internationale de l’Énergie, cette part pourrait encore grimper d’ici 2026, jusqu’à atteindre le seuil symbolique des 1 000 TWh/an. 

Le sujet n’est plus technique. Il est politique, économique, stratégique. Surtout quand on sait que moins de 50 % des exploitants de data centers suivent réellement leur impact carbone (source : Uptime Institute, 2023). Beaucoup se contentent de payer des factures sans savoir ce qui se passe derrière. 

En Europe, la Commission tire aussi la sonnette d’alarme : si rien ne change, les data centers du continent verront leur consommation augmenter de 28 % d’ici 2030. On parle d’une évolution hors-sol, alors même que les États s’engagent à réduire les émissions de CO₂. 

 

Dépasser les discours : comment agir, vraiment

On entend souvent parler de « verdissement » du numérique. En pratique, peu de choses sont réellement mises en œuvre. Or, les leviers ne manquent pas. Ils sont connus, testés, et pour la plupart, déjà accessibles. 

Prenons l’exemple de l’énergie. Certains grands acteurs, comme Google ou Microsoft, ont investi massivement dans les renouvelables. Résultat : leurs centres les plus récents tournent avec jusqu’à 90 % d’électricité bas carbone. Très bien. Mais cela reste une minorité, et dépend fortement de la géographie. 

Autre levier, plus universel : l’optimisation énergétique. Refroidissement liquide, réduction des redondances inutiles, allocation dynamique des ressources… tout cela permet de gagner en efficacité sans tout reconstruire. On parle ici d’ingénierie, pas de magie. 

Mais le vrai changement de posture, c’est celui qui consiste à piloter son IT comme un actif stratégique, avec des indicateurs précis, suivis dans le temps.  

 

Sébastien Van Moere : rendre visible l’invisible 

Ce constat, Sébastien Van Moere le partage depuis longtemps. Avec H&DC, il a choisi de ne pas faire de bruit, mais d’agir. Sa conviction : la transition énergétique ne se décrète pas, elle se pilote.

Il accompagne les entreprises qui veulent comprendre ce que leurs infrastructures consomment, pourquoi elles le consomment… et comment en faire moins, sans perdre en performance. L’approche est méthodique : données terrain, analyse, optimisation.

Son credo est simple : “On ne peut pas gérer ce qu’on ne voit pas.” C’est là que tout commence. En rendant visible l’invisible, en objectivant les dérives, il remet la performance énergétique au cœur de la stratégie IT.

 

Accélérer maintenant : une question de choix 

Les géants du numérique ont beau afficher des ambitions climatiques, la réalité est plus contrastée. Oui, Microsoft vise la neutralité carbone d’ici 2030. Oui, Google parle de tourner à 100 % en énergie “carbone-free” 24/7. Mais derrière ces chiffres, il y a une minorité d’acteurs ultra-équipés, dotés de moyens considérables.

Et le reste ? La grande majorité des data centers appartient à des entreprises de taille intermédiaire, des opérateurs publics, des collectivités, des hébergeurs classiques. Ceux-là n’ont ni le budget des GAFAM, ni le luxe d’attendre que les infrastructures se « verdisent » toutes seules.

 

Passer à l’action : par où commencer ? 

Quand on parle de performance énergétique, l’erreur classique, c’est de chercher la solution miracle. La technologie qui va tout régler d’un coup.  

Ce qui fonctionne, en revanche, c’est une démarche progressive, structurée, fondée sur la donnée : 

  • D’abord, mesurer ce qui consomme vraiment. Et pas juste au niveau macro : il faut descendre dans le détail. Rack par rack, serveur par serveur si possible. 
  • Ensuite, identifier les zones d’inefficacité. Celles qu’on ne voit pas, mais qui coûtent cher : climatisations mal réglées, ressources sous-utilisées, équipements obsolètes. 
  • Puis, prioriser les actions correctives, en fonction du rapport effort/impact. 
  • Et enfin, suivre dans le temps, pour éviter de retomber dans l’approximation. 

C’est exactement cette logique qu’applique H&DC. À travers ses interventions, Sébastien Van Moere propose une lecture opérationnelle de la sobriété numérique. Pas de gadget, pas de solution toute faite : un travail de fond, orienté résultats. 

 

 

La transition énergétique du numérique ne se fera pas sans conviction. Ni sans méthode. Ce que montre l’expérience de terrain, c’est que les solutions existent, et qu’elles sont souvent plus accessibles qu’on ne l’imagine. 

Mais il faut accepter de sortir des habitudes. De regarder ses infrastructures en face. Et de les intégrer pleinement dans une logique de performance globale, au même titre que la sécurité ou la continuité de service. 

Ceux qui le font déjà – comme Sébastien Van Moere – savent que ce virage est non seulement nécessaire, mais créateur de valeur.